Funérailles célestes c'est l'histoire de Wen, une jeune chinoise qui, dans les années 50 apprend que son mari Kejun, médecin dans l'armée chinoise, est décédé au Tibet. Sans corps et sans détails sur les causes de son décès, elle décide de partir à son tour au Tibet pour retrouver son mari. Elle s'engage dans l'armée comme médecin et part au Tibet, pour une aventure qui durera plus de 30 ans.

En partant au Tibet, la jeune Wen ne sait pas ce qui l'attend. On découvre dans ses paroles des préjugés et surtout une méconnaissance sur la société tibétaine. Elle rencontrera dès le début de son aventure l'hostilité des tibétains contre l'armée chinoise, puis au gré des situations qu'elle devra affronter, elle révisera peu à peu son jugement.

Extrait de « Funérailles célestes »

« Notre mariage a été célébré dans le plus pur style révolutionnaire. Un cadre politique de haut rang a servi de témoin et des amis et collègues portant de petites fleurs de papier rouge nous ont escortés. Pour les festivités, on a eu droit à trois paquets de cigarettes Hengda et à des bonbons aux fruits. Ensuite on a emménagé dans le quartier des couples de l'hôpital. Nos seuls biens consistaient en deux petits lits en planches, deux édredons, une commode en bois de rose et notre certificat de mariage décoré d'un portrait du président Mao. Mais nous étions extrêmement heureux. Puis seulement trois semaines plus tard, les papiers de recrutement de Kejun sont arrivés. Son unité était envoyé au Tibet. »

« Nous avons à peine eu le temps de digérer la nouvelle avant son départ. L'armée a fait le nécessaire pour que je sois transférée dans un hôpital de Suzhou afin d'être plus près de mes parents et de ma soeur. Nous n'avions pas demandé de transfert, mais l'organisation du Parti a dit que ceux qui dépendaient de l'armée avaient le droit que leurs familles s'occupent d'eux. Je me suis jeté dans le travail pour ne pas penser à quel point Kejun me manquait. La nuit, quand tout le monde dormait, je sortais sa photographie et je contemplais son visage souriant. Je pensais tout le temps à ce qu'il avait dit juste avant son départ : qu'il était impatient de revenir le plus vite possible pour être un bon fils envers mes parents et un bon père pour nos enfants. J'attendais impatiemment son retour. Mais au lieu de ça, j'ai reçu une convocation au quartier général de Suzhou pour apprendre qu'il était mort. »

Xinran est une écrivaine chinoise, née en 1958. Elle est journaliste et a animé en Chine une émission de radio pour les femmes. Elle vit aujourd'hui en Angleterre. Trois œuvres de Xinran sont disponibles en français : Chinoises, Baguettes chinoises et Funérailles Célestes.

Pour aller plus loin

Funérailles célestes de Xinran est publié chez Philippe Picquier

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