En préface Shûsaku ENDÔ précise pourquoi ses histoires ont souvent un lien avec l'hôpital :

Même à présent, je suis attiré par les hôpitaux et plusieurs de mes romans se déroulent dans ce cadre où les gens doivent se dépouiller de toutes fioritures sociales et se battre, pied à pied, avec la maladie. Ici, le président de société et le politicien doivent revêtir pyjamas et robes de chambre, et il n'existe pas un seul privilège social qui puisse vous venir en aide dans ce combat contre la réalité de la maladie.

Ici l'histoire est à plusieurs niveaux. D'abord Monsieur Ozu se souvient de sa jeunesse et de son amitié avec le jeune Limande. Puis ensuite on s'intéresse à son fils Eiichi, interne dans un hôpital qui mettra tout en œuvre, même le pire, pour grimper les échelons de l'établissement. Et inéluctablement on assiste à un conflit entre ces deux générations qui semblent ne plus pouvoir se comprendre.

À travers les mots du vieux Ozu, on sent toute la nostalgie de Shûsaku ENDÔ : celle du Japon d'antan que la guerre a anéanti. Et Shûsaku ENDÔ de dénoncer aussi les pratiques des hôpitaux qui en viennent à faire passer leurs propres intérêts devant celui des patients.

Extrait du livre "En sifflotant"

De temps en temps il entendait parler du Collège Supérieur de Nada ou bien il lisait quelque chose à son sujet, dans un hebdomadaire. Contrairement à l'époque où Ozu y était inscrit, c'était à présent, semblait-il, une école qui n'attirait que les élèves les plus brillants. Elle était très appréciée dans le pays, à cause du pourcentage de ses étudiants capables d'entrer à l'université de Tokyo. Ozu avait même entendu parler des parents qui avaient fait tout le voyage jusque dans la région du Kansai, dans le seul but de permettre à leurs enfants de suivre les cours de ce collège du second degré. « Je peux à peine croire que tu sors de Nada, papa, lui avait dit à maintes reprises son fils, autrefois. — Et pourquoi pas ? — Pour la simple raison que ces types sont nos plus grands rivaux », lui avait répondu son fils avec humeur. Il était alors plongé dans l'étude en vue d'examens d'entrée au collège. « J'ai entendu dire qu'en un an, à Nada, ils enseignent l'équivalent de deux années dans un collège supérieur normal. J'parie qu'c'était pas du tout comme ça dans le temps, n'est-ce pas ? — De mon temps?... Non, ce n'était pas tout à fait comme ça», s'était souvenu Ozu en hochant la tête.

Informations pratiques :

En sifflotant par Shûsaku ENDÔ, traduit de l'anglais par Anne Gugliemetti, Editions Buchet chastel, ISBN : 978-2702014608

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