Cette vie qu'on découvre à travers le regard innocent de cet enfant connaitra quelques bouleversements qui viendront troubler son rythme : une invitation chez son oncle, le directeur de l'école, un séjour en ville pour rencontrer ses parents et quelques fêtes aux villages qui seront autant de réjouissances pour Kôsaku et ses amis.

Qu'il est bon pour nous adultes de se plonger dans l'univers de Shirobamba, on y retrouve la fraicheur, la tendresse et l'insouciance de nos jeunes années. Peu importe les milliers de kilomètres qui séparent le jeune Kôsaku de notre propre enfance, on retrouve ses humeurs en chacun de nous. Le style est simple et va à l'essentiel et c'est peut être le bon roman à prendre pour commencer l'œuvre de Inoué Yasushi.

Un extrait de Shirobamba

Quand ils en eurent assez de jouer ainsi, ils allèrent donner l'assaut du gouffre de Kinchaku, où se trouvaient les filles. Pour y aller, ils n'avaient qu'à descendre le courant en sautant de pierre en pierre. Quand elles étaient trop espacées, ils entraient dans l'eau. Il ne leur fallut même pas cinq minutes pour arriver à destination. Les filles avaient une serviette enroulée autour de la tête, qui leur servait à peine à se distinguer des garçons.

« À l'attaque ! » cria Yukio, debout sur un rocher, et les garçons se mirent à lancer une pluie de cailloux en direction du gouffre. Les filles n'eurent pas l'air particulièrement effrayées. Dès qu'elles aperçurent leurs assaillants, elles surent aussitôt ce qu'il leur restait à faire, mais conscientes du fait qu'elles n'étaient que des filles sans défense, elles semblaient presque y prendre un certain plaisir.

Kôsaku aimait les voir, toutes nues, leurs affaires à la main, remonter le petit sentier escarpé qui menait à la route. De grand lis blancs fleurissaient au bord du chemin envahi par des nuages de libellules.

Ses amis et lui avaient l'habitude de jouer près du gouffre jusqu'à la tombée de la nuit. Quand le soleil était vraiment couché et qu'ils ne pouvaient plus faire sécher leur carapace, ils savaient que le moment était venu de rentrer chez eux.

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